Monte Cardu

 

Données techniques

  • Départ parking : alt 870m
  • Dénivelé : environ +1600m
  • Altitude Monte Cardu : 2453m
  • Aller/retour : 14km
  • Dénivelé :1600 m sur 6,6 km
  • Temps approximatif (rythme balade) Départ 7h40 – Arrivée 18h00
  • Difficulté: R3 (+)

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Nous avançons sur les dalles rocheuses avec la curieuse sensation de respirer un bol d’oxygène bien que nous frôlons les 2300 mètres d’altitude. Le sentier libéré de racines, de pierres s’avère désormais bien plus facile à parcourir. Depuis le départ de la chapelle Sant’Eliseu, située à 1555 mètres d’altitude, et la bergerie Codu a u Pratu la pente raide avaient ralenti nos pas et étouffé notre détermination. 450 mètres de dénivelé sous le soleil aride du mois d’août.
Libérés désormais de toute contrainte technique liée à la configuration du sentier nous marchons sereinement vers le Monte Cardu. Un des sommets du massif du Monte Rotondo. Il culmine à 2450 mètres. Plus que 150 mètres, un dernier pierrier et nous y serons.

Je me suis équipé de bâtons. Plus nous grimpons et moins leur utilité s’impose à mon esprit. Un ajustement de leur longueur me paraît nécessaire pour éloigner cette trompeuse impression. Je stoppe mes pas et je prends le temps de les raccourcir. Je dévisse, je revisse et désapprouve ma paresse. Maintenant à la juste longueur leur présence ne m’encombrent plus et m’aident même par moment à franchir les blocs schisteux qui se dressent devant moi.J’ai privilégié la pratique des bâtons depuis qu’un des mes amis me l’a conseillé. Leur assistance va surtout m’être précieuse lors de la redescente. À chaque pas, une partie du poids de mon corps sera supporté par l’appui qu’ils me procureront. Cela allégera les contraintes exercées sur mes articulations. Mes genoux s’en porteront mieux. À ma dernière sortie, j’avais au détour d’un lacet failli trébucher, sans bâton, je suis certain que je me serais étendu de tout mon long sur le sentier. Je me remémore ce souvenir pour me persuader d’avoir fait le bon choix.

La randonnée avait commencé trois heures plus tôt, à 7H15 précisément et devait nous conduire au sommet en 4H30 environ. Nous avions dépassé St Petru di Venacu et emprunter une piste bosselée qui mène à un terre-plein faisant office de parking. De là, nous avions pris la photo traditionnelle puis nous avions marché en direction de la chapelle Santa’Eliseu au beau milieu d’une forêt de hêtres. L’air, relativement frais, chargé de l’exhalaison des plantes était agréable et le sentier empreint d’une abondante signalétique, instructif.

Jean-Paul RIdolfi – Jérome Santoli – Jean-luc Martinelli – Frédéric Santi – Jean-Pierre Nucci

 

Nous profitons d’un léger temps de repos pour nous interroger sur l’utilité des chaussures montantes. Le débat est ouvert. Depuis l’émergence des courses de montagne, les trails, le recours à ce type d’équipement semble obsolète. Les compétiteurs s’équipent de chaussures basses pour alléger leur poids et faciliter leur technique de course. Ils passent dans les endroits scabreux sans souci. Mais aucun de nous ne leur ressemble. La peur de la blessure a motivé notre choix. En montagne, la cheville est fortement sollicitée, une entorse, une fracture des malléoles est toujours possible. Si notre niveau de performance s’apparentait à celui des compétiteurs, nous aurions pu envisager de porter des chaussures basses. Mais aujourd’hui, compte tenu de la moyenne d’’âge de l’équipe, 55 ans,  la sécurité l’a emporté*.

*sauf pour Jean-Paul qui avait préféré des trail.

À la chapelle une halte prolongée s’était imposée.  Après 1H45 de marche forcée quelques gorgées d’eau s’étaient avérées nécessaires. Nous avions bu une partie de notre réserve respective et pris chacun des photos en fonction de nos propres inspirations.

Elle était belle cette chapelle. Centrée à l’intérieur d’un jardin délimité par des murs construits en pierres taillées, sa façade principale orientée à la plaine orientale, laissait voir sur sa porte une fresque.  Gravée dans le bois massif, elle représentait  un visage à la forme du soleil.  Le soleil justement était assez haut dans le ciel pour nous aveugler et rendre notre vue incertaine. Nous avions réussis quand même à contempler un long moment l’étang d’Urbinu qui se distinguait péniblement de la brume matinale.

Sant’Eliseu
L’auteur devant la Chapelle Sant’Eliseu.

Bien après la dernière gorgée d’eau, nous avions délaissé le sentier balisé des bergeries de Tataralla pour celui plus approximatif du Cardu.

La souffrance endurée par nos quadriceps est désormais soulagée par la vue imprenable sur le massif du Cintu et de la Paglia Orba. 11H30, nous avons gagné, pour parvenir au sommet, un quart d’heure sur le temps estimé. Un repas frugal, une conversation amicale, une rencontre sympathique avec un jeune champion de course en montagne, et nous entamons prestement la redescente par le même itinéraire car des nuages menaçants couvrent partiellement le massif montagneux.

 

Je regarde ce jeune homme peu vêtu, un polo, un short, une réserve d’eau insignifiante, ¼ de litre tout au plus, et des chaussures basses aux pieds. Il est démuni de bâton, du moindre sac, il porte une casquette et c’est tout. Nous l’avions vu grimper vers nous lorsque nous étions encore sur les dalles rocheuses. Ce n’était alors qu’un point dans la montagne. En peu de temps, il s’était retrouvé à notre hauteur et nous voilà maintenant en sa compagnie sur le sommet. Son niveau de performance renforce ma conviction de privilégier ma sécurité avant mon confort. Il faut être un athlète de haut niveau pour s’équiper aussi sommairement.

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Enfin au sommet.

 

Nous marchons prudemment de peur de trébucher sur le sentier pentu. Une rencontre insolite avec un plombier autrichien perdu seul au milieu de cette immensité minérale nous fait sourire un peu. À L’aide du GPS nous le renseignons sur l’itinéraire à prendre pour atteindre son but. Quelques photos en sa compagnie à la bergerie Codu a u Pratu et nous voilà de nouveau à la Chapelle Sant’Eliseu. La redescente s’est faite rapidement. Il faut dire que le sentier est dans sa majorité assez propre. Aucun passage ne nous a semblé difficile à franchir. Le guide prévoit 2H30 du sommet au parking. Nous trainons un peu. Une demie heure de marche et ce sera terminé. Nous roulerons ensuite jusqu’à Vivario où près de la fontaine du village nous nous sustenterons d’une bonne bière bien fraîche et d’un plat de charcuteries corse.

 

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Rencontre insolite avec un marcheur autrichien solitaire.

Le diaporama

  • full screen sliderDépart 7h45 , dans les hauteurs de St Pierre de Venaco
  • html slideshowRéglage des bâtons.
  • jquery carouselC'est parti...
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  • bootstrap sliderHalte à la Chapelle Sant'Eliseu.
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  • jquery carouselIl commence à faire chaud.
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  • jquery slideshowAu sommet avec le traileur qui nous a rattrappés.
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  • javascript carouselLe Monte Cardu est atteint après 4h15 de montée. (alt 2453m)
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  • slider jqueryVue superbe sur d'autres sommets.
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  • full width sliderUn autrichien solitaire vient faire la route avec nous.
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Jean-Pierre Nucci



A l’assaut du Rotondo.

Le lendemain matin, une impression de vide s’était faite sentir. Au fond de moi-même je savais pourquoi. Cette randonnée avait épuisé mon corps et assombri mes pensées. Le contraste avait été trop fort. Les images de la veille trottaient encore dans ma tête. Le présent m’ennuyait, je vivais au passé. Un jour avant donc, j’avais marché près de quatre heures d’un pas lent et douloureux vers le lac de Betanielli. (2223 mètres d’altitude). Mes amis avec moi, tout un groupe de randonneurs à l’assaut du Rotondo.

 

Brusquement, le lac.
Brusquement, le lac.

Dès les premiers instants la température m’avait paru fraîche, en réalité elle avait été glacée. La présence de névés aurait dû éveiller ma conscience mais le bouillonnement de mon sang avait trompé ma perception des choses. Quelques brasses et je m’étais défilé, j’avais eu trop froid. Mon frère Alain et Olivier avaient fait trempette, un bain utile pour refroidir le corps.

Jean-Pierre devant le névé.
Jean-Pierre devant le névé.

Un peu plus tôt, la surprise avait été grande. Le plus grand lac de Corse s’était étalé devant nos yeux ébahis. Une belle émotion. Sa surface en imposait, là, à trois cents mètres du sommet, surplombé par les arrêtes granitiques dépourvues de la moindre végétation. Un panorama minéral tout juste atténué par quelques pozzini.

Olivier dans une eau à 10°(?)
Olivier dans une eau à 8-10°(?)

Le temps d’un repas froid, d’une discussion amicale, quelques photos et nous étions repartis. Olivier et Alain en tête. Jean-Luc, Jean-Paul et moi derrière solidaires. Malgré la forte chaleur, presque midi, la redescente s’était avérée moins pénible. L’effort atténué par l’action des bâtons. Olivier en avait même confectionné une paire avec des branches de châtaignier. Un vrai montagnard. Pour notre inconfort, le chemin mal balisé s’était montré tout aussi capricieux qu’à l’aller. Plus d’une fois nous avions été obligés de stopper nos pas pour le repérer au milieu de la végétation et des blocs de pierres. Heureusement, l’ami Jacques et son chien Germain nous avaient rejoint à mi-parcours et montré le tracé à suivre. Après-ça, le groupe s’était dispersé. Olivier et Alain avaient hâté leur pas jusqu’à la rivière plus bas dans la vallée. Jean-Paul, Jean-Luc et moi avions traîné derrière, fatigués de ce long périple. Jacques en loup solitaire était resté en arrière avec l’idée d’expérimenter une nouvelle piste.

Jea-Luc et Jean-Pierre pour un bain bien mérité!
Jea-Luc et Jean-Pierre pour un bain bien mérité!

Plus bas, bien en-deçà des bergeries de Muracciole, l’eau vive m’avait fait du bien. Perdu dans ses pensées, mon frère ne nous avait pas vu venir. Il récupérait en silence de son effort. Après-ça, nous avions profité longuement de la baignade dans une vasque assez profonde pour nous immerger totalement. Un régal. Le temps d’enfiler nos affaires et nous étions repartis vers le point de départ. Olivier nous y attendait patiemment.

La route nous mena ensuite à Vivario où nous nous étions régalés d’une bonne bière et d’un plat de charcuteries du pays. Deux heures après, je franchissais la porte de mon appartement ajaccien la tête pleine de souvenirs.

Jean-Pierre Nucci – 2014




Accélérons le rythme! (avec méthode)

nucci
La randonnée sur les chemins corses est l’une de mes passions.  Je marche pour le plaisir des sens avant tout. Pas trop vite afin de voir, de sentir et d’entendre. Mais quand,  par hasard,  je décide d’accélérer l’allure de mes pas, je le fais de la manière suivante. Par le respect de trois fondamentaux de l’exercice physique.
 

Quels sont-ils ?

  • L’échauffement
  • le plateau de travail,
  • le retour au calme.

Quelle durée attribuer à chacune de ces périodes ?

Un tiers de temps chacune. Donc, sur une sortie d’une heure de temps, l’accélération de mes pas durera 20 minutes.

Quel type d’exercice peut être recommandé pendant la période d’accélération ?

L’exercice fractionné. C’est le meilleur moyen de progresser et de rendre la séance attractive.

Comment ? En procédant par séries. Chaque série est identique et se compose ainsi :

  • j’accélère le pas 1 minute
  • je le décélère la minute suivante,
  • je l’accélère de nouveau la minute suivante.

Au bout du compte cela fait 3 minutes.

Ensuite je récupère 3 minutes en marchant plus lentement sans m’arrêter un seul instant.

Pourquoi doit-on récupérer pendant 3 minutes entre les séries ?

C’est le temps estimé nécessaire à la resynthèse du substrat énergétique. En l’occurrence le sucre ici.
Combien de séries au final composent la période d’accélération ? 3 à 4 auxquelles il faut ajouter les périodes de récupération.

Bien entendu, cette méthode n’est pas la seule, il en existe d’autres tout aussi efficaces. Je termine par un conseil. Au cours de la période d’accélération, la concentration est de rigueur. Il est impératif de faire attention où l’on met le pied pour ne pas chuter et de se retrouver, comme Jean-Paul le décrit si bien, à l’horizontal.

Jean-Pierre Nucci
Coach sportif.